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Gestion d'un événement significatif en radioprotection en médecine nucléaire

06.04.2016

L'interview d'une PCR parue dans le magazine de l'IRSN "Repère" relate les actions à mener lorsque survient un Événement Significatif en Radioprotection (ESR) en unité de médecine nucléaire mettant en jeu la santé d'un professionnel.

 

 

 

Une interview d'une Personne Compétente en Radioprotection (PCR), publiée dans le magazine de l'IRSN "Repères", décrit la prise en compte d'un événement significatif en radioprotection (ESR) qui s’est déroulé en 2012, lors de l’administration de nanocolloïdes marqués au technétium radioactif (99mTc).

 

Agir vite pour préserver la santé de la victime

 

Dans le cas d'un ESR, un dispositif d'alerte est nécessaire afin que les gestes de base puissent être promulgués rapidement. "Pendant une injection, une chirurgienne a reçu une projection dans l’oeil droit d’une goutte du produit, témoigne l'une des trois PCR de l'unité dans laquelle s'est déroulé l'accident. Travaillant dans le même service, j’ai pu agir vite, mais je n’avais pas été présent, une autre PCR serait arrivée rapidement. L’unité compétente en radioprotection dispose d’un numéro de téléphone unique faisant sonner en même temps les portables des trois PCR."

 

Décontamination de la zone irradiée et premières mesures de radioactivité

 

Dans le cas qui nous intéresse, des actions urgentes doivent être effectuées afin de préserver la santé de l'opérateur victime de l'irradiation, accompagnées d'un suivi en aval de l'ESR. C'est ce à quoi s'est attaché la PCR. "Dans les minutes qui ont suivi, j’ai pu procéder à la décontamination de l’oeil en réalisant plusieurs lavages au sérum physiologique, poursuit-elle. J’ai pris soin de récupérer le liquide à l’aide de compresses changées fréquemment. J’ai mesuré toutes les dix minutes le nombre de coups/seconde et le débit de dose au contact de l’oeil, puis à 20 cm de distance. La praticienne, qui n’avait pas respecté les consignes de prévention, est repartie 35 minutes après l'incident, pressée de reprendre son service. Je l’ai revue trois heures après pour de nouvelles mesures. Le débit de dose était passé à 2 microsievert/seconde (μSv/s)."

 

Déclarer un ESR mais aussi un Accident d'Exposition au Sang (AES)

 

Après les gestes d'urgences, les missions de la PCR consistent à actionner la procédure d'évaluation de la dose absorbée par la victime. "En l’absence d’outil pour évaluer la dose injectée, j’ai fait appel le jour même à l’expertise de l’IRSN, déclare la PCR. La dose a été estimée entre 7 et 10 mSv, en supposant que la goutte ait été entièrement projetée dans l’oeil. J’ai revu la personne contaminée le lendemain à 12h30 et constaté l’absence de toute trace de radioactivité". Puis vient le temps de la déclaration formalisée de l'ESR auprès des organismes de tutelle, qui dépasse dans ce cas les contraintes classiques liées à la radioprotection. "En plus de la déclaration d’ESR, la cadre du service a signalé un accident exposition au sang (AES) et le médecin du travail a été informé, conclut-elle. Avec ce dernier et le chef du service de médecine nucléaire, nous avons rencontré la responsable des chirurgiens afin de rappeler les bonnes pratiques. Après cet accident, j’ai demandé à tous les chirurgiens de signer un engagement à suivre les règles de radioprotection détaillées dans les procédures écrites par les PCR.”

 

Bruno Benque avec l'IRSN

 

 

 

 

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